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Le blog d'Evalire

lectures, photos,musiques à partager

Hélène Gestern Eux sur la photo

Publié le 21 Avril 2014 par evalire in lectures

J'aime beaucoup les coïncidences et bien que dans le choix de mes lectures je laisse une grande place au hasard, le hasard m'étonne toujours ainsi dans mes trois dernières lectures la Bd L'Angélus, ce roman Eux sur la photo et Le livre audio L'autre fille d'Annie Ernaux ( chronique à venir ) un même thème les non-dit de notre passé qui sont autant de barrières pour l'avenir .

Hélène Gestern Eux sur la photo

Eux, ce sont Pierre, le père de Stéphane et Natalia la mère d’Helen.

Le mystère qui entoure sa mère, décédée alors qu’elle n’avait que trois ans, hante Hélen et elle décide de faire paraître une petite annonce avec la seule photo qu’elle possède de sa mère. Stéphane reconnaît son père et une correspondance s’établit entre eux.

Ils restent tous les deux meurtris par leur enfance.

Pour Stéphane, un père trop peu présent, froid et distant, un artiste photographe devenu subitement inaccessible.

Helen, une mère qu’elle n’a pas connu, dont on refuse de lui parler, une belle mère tendre et douce qui a adopté Helen mais qui garde les secrets du passé.

Ensemble, en conjuguant leurs recherches et leurs souvenirs Pierre et Helen vont petit à petit retisser les liens qui ont unis leurs parents.

Cette mise en lumière de leur passé va profondément les rapprocher, le destin est en marche.

Un premier roman qui se lit d’une traite. Héléne Gestern ajoute à ce récit épistolaire la description d’une dizaine de photos qui apportent un suspens de plus à cette enquête rondement menée.

« ...le modèle ne regarde pas le photographe.
Bien qu'elle soit tournée vers l'objectif, ses yeux sont ailleurs, abîmés dan
s

une réflexion dont on ne peut deviner la teneur.
La main qui porte l'alliance, paume appuyée contre le rebord de la pierre, tient une cigarette non allumée.
L'autre effleure, distraite, la chaînette qui ceint le cou: le bout de l'index s'y est accroché, et cache en partie l'anneau qui y est attaché.
Est-ce la prise de vue trop frontale, la lumière austère, qui découpe les surfaces et durcit les traits?
La photographie, qui devait sans doute constituer le souvenir d'un moment partagé, dit tout le contraire : elle n'est que solitude.
Une mélancolie sourde a pétrifié et aspiré le visage de cette femme, pour ne laisser à sa surface qu'une enveloppe à la lourdeur de plâtre.
Et son regard absent, retranché dans son erre invisible, est le fantôme poignant d'une détresse que plus rien ne saurait masquer ni
éteindre. »

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Philisine Cave 30/04/2014 10:55

Ce roman est une réussite et l'auteure est quelqu'un de formidable et de touchant. Bisous (j'ai son deuxième roman La part du feu : si cela te dit, j te l'envoie)

evalire 30/04/2014 21:03

Pourquoi pas, mais je suis déjà inscrite dans le voyage de plusieurs livres je deviens trop gourmande ....

Sharon 25/04/2014 22:26

Je l'ai beaucoup aimé également.

jerome 24/04/2014 08:53

Je ne connaissais pas mais tu as su me tenter.

Mango 22/04/2014 10:10

J'ai beaucoup aimé ce roman également.

Fransoaz 22/04/2014 10:10

Les descriptions des photos et leur mystère 'en noir et blanc' m'avaient bien plus, j'y ai retrouvé ce que j'avais aussi aimé dans le livre de Coe La pluie avant qu'elle tombe.
Je trouve aussi beaucoup de coïncidences dans mes lectures successives, les unes faisant écho à celles qui suivent, c'est très étonnant!