Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog d'Evalire

lectures, photos,musiques à partager

Lydie Salvayre Pas pleurer

Publié le 2 Février 2015 par evalire in lectures

Lydie Salvayre a choisi d’évoquer le passé vécu par sa mère pendant la guerre d’Espagne et notamment la période libertaire de 1936.

En parallèle elle donne la vision de Bernanos sur les évènement de cette époque, relatés dans son roman « les grands cimetières sous la lune. »

Cette lecture m’a permis d’aborder les multiples facettes de cette guerre. Bernanos qui vit à Mallorque ou l’extrême droite fait régner la terreur par des arrestations et des exécutions injustifiées, s’indigne du comportement de l’église catholique face aux tueries des milices franquistes.

« Alors il rassemble ses forces pour accorder sa conscience et son cœur et se décide à dire ce qui le fait frémir d’horreur. Il se décide à dire l’insurmontable répugnance que lui inspirent la suspicion généralisée, la délation récompensée par l’Eglise, l’enlèvement la nuit des mal-pensants et des irréligieux abattus sans autre forme de procès, bref toute « la furie religieuse consubstantielle, dit-il, à la part la plus obscure, la plus vénéneuse de l’âme humaine. »

Montse, la mère de l’auteur,découvre avec enthousiasme les idées communistes révolutionnaires, le partage des richesses, l’égalité entre tous les hommes, l’émancipation de la femme, et la liberté qui restera son dernier souvenir quand sa mémoire s’envolera avec l’âge.

Mais Josep, le frère de Montse découvre rapidement que derrière ces belles idées se cache la main de fer de Staline et un nouveau régime totalitaire.

Il réalise à quel point l’être humain est attaché à ses habitudes et comme il sera difficile d’instaurer un monde plus juste puisque l’homme est tellement versatile et tellement influençable.

« Et si son enthousiasme était singulièrement refroidi depuis les Jours Inoubliables, son idée de la révolution s’était entachée d’une ombre dont la surface ne cessait de s’épandre …quelque chose en lui, de son rêve passé, refusait de mourir. »

Des idées terriblement actuelles, qui donnent à réfléchir sur l’immobilisme, sur le rôle des religions et sur la méfiance qu’il faut constamment avoir contre les interprétations et les amalgames propagés par ceux qui possèdent un quelconque pouvoir.

Un seul bémol l’écriture désorganisée avec des phrases interrompues des extraits en espagnol, un méli-mélo qui a sans doute plu aux jury du prix Goncourt mais qui a failli me faire interrompre cette lecture.

Commenter cet article

Kidae 25/02/2015 11:17

Ce livre faisait partie de la sélection du cercle de lecture que je fréquente. Le majeure partie de ceux qui l'ont lu ont eu le même sentiment que toi concernant les extraits en espagnol.

evalire 28/02/2015 21:15

dommage je ne maitrise pas cette langue pourtant si belle....

sous les galets 11/02/2015 06:46

arh la la, tu n'es pas la seule à dire que les insertions espagnoles ont déstabilisé ta lecture...ça m'ennuie vous êtes plusieurs à y faire référence, malgré ton billet enthousiaste (et d'autres) il y a quand même quelque chose qui me retient , alors quej'aime le principe du parallèle avec Bernanos.

evalire 28/02/2015 21:14

emprunte le à la bibliothèque ce qui te laisse le loisir d"abandonner si tu n'accroches pas .

jerome 03/02/2015 13:00

Voila un Goncourt qui ne me tente pas du tout (comme souvent d'ailleurs).