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Le blog d'Evalire

lectures, photos,musiques à partager

Julie Otsuka Certaines n'avaient jamais vu la mer

Publié le 4 Juin 2013 par evalire in lectures

certaines.jpg

 

Julie Otsuka a choisi de nous plonger dans l’univers de ces japonaises émigrées aux Etats Unis au début du xxeme siècle, dans l’espoir d’une vie meilleure.

L’auteur a choisi d’utiliser la deuxième personne du pluriel «  Nous » pour parler au nom de ces femmes. Au début de ma lecture, cette formulation m’a perturbée, derrière ce pronom il n’y avait pas d’individu pas de personnalité, mais j’ai réalisé qu’effectivement en utilisant ce « nous » l’auteur met l’accent sur le manque de respect le manque de reconnaissance de ces personnes.  

 

Sur le bateau  «  Nous », femmes esclaves, obéissantes, disciplinées….

Nos parents ont vendu  notre virginité à des  japonais, installés aux USA, et à la recherche d’une épouse, mais nous rêvons devant les lettres et les photos trompeuses de nos futurs époux.


A l’arrivée, «  Nous » femmes soumises..

Ils nous ont prises à la hâte, avec douceur,sans dire un mot…la réalité dans sa phase la plus crue.


Chez les blancs, «  Nous » main d’œuvre japonaise calme et travailleuse …

La plupart d’entre elles faisaient à peine attention à nous. Nous étions là quand elles avaient besoin de nous et quand elles n’avaient plus besoin, pouf, nous disparaissions.


Avec les naissances, «  Nous » la maternité non contrôlée….

Nous avons eu 6 filles et 3 garçons avant l’âge de 30 ans.


Avec les enfants le «  Nous » du rejet…

Ils avaient honte de nous. De nos pauvres chapeaux de paille et de nos vêtements miteux. De notre accent prononcé. De nos mains calleuses craquelées. De nos visages aux rides profondes, tannées par des années passées à ramasser les pêches, à tailler les vignes en plein soleil Ils voudraient de vrais pères qui partent travailler le matin en costume-cravate et ne tondent la pelouse que le dimanche.


Puis le «  Nous » de la rumeur, des soupçons, de la peur, de l’attente …

Nous avions effacé nos noms des boites aux lettres. Retiré les souliers posés devant nos portes. Nous n’envoyions plus nos enfants à l’école. La nuit nous tirions les verrous et nous fermions nos portes.

 

Puis après la disparition «  Nous » devient « eux »

On s’inquiète pour eux, on prie pour eux, mais il faut bien continuer à vivre …

 

 

D'autres avis sur cette lecture

Enna

Philisine

Athalie
Une comète

Commenter cet article

Athalie 15/06/2013 09:52

Ta note montre bien comment le "nous" évolue dans le temps et comment ce choix construit aussi l'intérêt de l'histoire racontée, je trouve comme toi que c'est un très beau texte. Et merci pour le
lien.

dasola 14/06/2013 18:26

Bonsoir evalire, c'est ce "nous" qui m'a gênée dans ce roman choral.Il m'a empêchée d'être vraiment émue par ces histoires de femmes. Bonne soirée.

evalire 15/06/2013 19:34



C'est vrai que le fait que la narration globalise toutes les femmes rend ce texte moins émouvant.



Grigrigredin 11/06/2013 22:01

Voilà un très beau texte qui est parfaitement adapté au faits relatés. Comment ne pas être émue par les vies de ces femmes qui ne connaissent pas le bonheur...

Malika 09/06/2013 10:57

Je n'ai pas lu ce roman à cause de cette narration très générale, mais ton analyse sur ce "nous" offre un point de vue très intéressant sur ce roman ...

evalire 09/06/2013 15:09



J'étais également perturbée par le  côté général  et puis j'ai eu cette sensation  de l'importance du nous au milieu du roman.



Syl. 05/06/2013 18:50

Non, je ne vais pas le noter. Je sais que vous êtes nombreux à l'avoir aimé, mais je ne suis pas tentée par l'histoire.

evalire 05/06/2013 20:54



C'est vrai que ce "nous" peut perturber, ce n'est pas une histoire mais des souvenirs