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Le blog d'Evalire

lectures, photos,musiques à partager

Philippe Claudel Parfums

Publié le 11 Octobre 2012 par evalire in lectures

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C’est à travers le souvenir des odeurs que Philippe Claudel nous entraîne dans son passé.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, sans doute parce que je suis sensiblement de la même génération que lui et que ses souvenirs se rapprochent des miens. J’attends les commentaires de plus jeunes pour savoir si mon âge influence mon opinion.

Mais avant tout Philippe Claudel c’est une plume, une qualité d’écriture qui lui permet d’aborder tous les thème et même de parler des pissotières avec talent.


«  On sait en y pénétrant qu’on ne se rend pas chez une fleuriste. L’urine rancie, les excréments, le Crézyl et la javel composent des miasmes qui peuvent figurer la litanie de notre misère. On y prend un cours de moral à moindre frais. Les respirer vaut acte d’humilité et de contrition. Notre monde rêve d’être inodore, c’est-à-dire inhumain. »


Il utilise une centaine de parfums différents pour évoquer  entre autres:

-Sa grand-mère « la puce » en découpant de l’ail

-son père et  l’image de l’homme avec l’après rasage aux senteurs de menthol

-les filles et les boums dans les chemises enfumées des lendemains de fête

-la chaleur du foyer familial, avec le charbon qui s’entasse à côté des patates

-la salle de classe avec la craie, l’encre et le plancher lavé à l’eau de javel.

Voici un extrait de réveil, une des plus jolies déclarations d’amour qu’un homme puisse faire à sa femme :


« Ainsi, lorsque je me réveille et reprends peu à peu ma place dans le monde engourdi, au cœur du matin et d’une lumière naissante, et que mes mains comme aimantées, viennent effleurer le corps qui repose au côté du mien, et que je sens le chaud de ce corps, son rythme lent de respiration pour peu qu’il soit encore, lui, dans le sommeil, ne se doutant pas que je viens quant à moi de le quitter, je me blottis au plus près, peau contre peau, buvant la tiédeur nocturne  enlacée dans le tissu des draps et celui plus mince et plus léger, de la chemise de nuit qui le revêt, laissant les épaules nues, les bras, la naissance de la gorge sur laquelle mes doigts viennent sentir la vie et le sang qui bat. Voila ici des instants de la plus haute intimité et de l’amour qui n’a besoin d’aucun mot pour se dire. »


Pendant la lecture de ce livre il suffit de fermer les yeux et d’inspirer par le nez pour voyager dans notre univers.

Merci à Philippe Claudel pour ces petites bouffées de parfums partagées.

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Une Comète 14/10/2012 20:53

J'adore cet écrivain et je vais recevoir ce livre bientôt grâce à Price Minister. J'ai hâte , encore plus après avoir lu ton billet. Bisous:))

Philisine Cave 11/10/2012 22:15

Je suis comme toi sensible à la plume de cet écrivain, qui possède une prose magnifique. Merci pour ce partage.